Audit RGAA : ce qu'il couvre, comment il se déroule, ce qu'il coûte
Un audit RGAA est l'évaluation de la conformité d'un site aux 106 critères du Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, vérifiés par 258 tests sur un échantillon de pages représentatif. Il combine outils automatiques, tests au clavier et tests au lecteur d'écran, et produit un taux de conformité justifié, critère par critère.
Les cinq étapes d'un audit RGAA
- Constituer l'échantillon — 6 à 30 pages selon le périmètre, comprenant les 7 pages obligatoires quand elles existent (accueil, contact, mentions légales, déclaration d'accessibilité, plan du site, aide, authentification), un exemplaire de chaque gabarit, l'intégralité des pages d'un tunnel, et au moins 10 % de pages tirées au hasard. Un échantillon mal construit rend le taux indéfendable.
- Tester les 106 critères sur chaque page — Sept passes successives par page : automatique, structure et code, couleurs et présentation, clavier et focus, lecteur d'écran, multimédia et documents, consolidation. Chaque critère reçoit un statut conforme, non conforme ou non applicable, avec sa justification.
- Calculer le taux de conformité — Critères validés sur toutes les pages de l'échantillon, divisés par les critères applicables sur au moins une page. C'est le taux global, celui de la déclaration. Le taux moyen par page se calcule à part et sert au pilotage, jamais à la déclaration.
- Rédiger le rapport — Chaque écart relié à son critère, sa page, son emplacement dans le code, son impact pour l'utilisateur et la correction attendue. Les dérogations sont motivées une par une.
- Publier la déclaration d'accessibilité et le schéma pluriannuel — La déclaration porte le taux global, l'état de conformité déclaré, la liste des non-conformités et les dérogations. Le schéma pluriannuel expose le plan de correction. Les deux sont des obligations, pas des options.
Un audit RGAA n'est pas un scan automatique enrichi. Voici la méthode que nous appliquons, dans le détail : ce qui entre dans l'échantillon, comment chaque page est passée en revue, comment le taux de conformité se calcule, ce que vous recevez à la fin et combien ça coûte.
Le RGAA est-il obligatoire pour une entreprise privée ?
Juridiquement, non : ce qui s'impose à une entreprise privée depuis le 28 juin 2025, c'est l'European Accessibility Act, qui renvoie à la norme EN 301 549, donc à WCAG 2.1 niveau AA. Le RGAA, lui, est la méthode de contrôle du secteur public français. Mais c'est aussi la seule méthode d'évaluation entièrement documentée en français, et c'est la grille que prendra l'administration si elle vient regarder votre site. Auditer au RGAA, c'est donc s'évaluer avec la grille de l'arbitre.
Les textes qui rendent l'audit opposable
Le RGAA 4.1.2 découpe l'accessibilité en 106 critères, répartis en 13 thématiques et vérifiés par 258 tests. Chaque critère reçoit un statut sur chaque page auditée. Un audit complet, c'est cette grille remplie, justifiée et opposable. Les textes qui s'empilent derrière se lisent en un tableau.
| Texte | Ce qu'il impose | Qui est visé |
|---|---|---|
| WCAG 2.1 niveau AANorme technique internationale (W3C) | 50 critères de succès de niveau A et AA | Socle commun à tous les textes qui suivent |
| EN 301 549 V3.2.1Norme harmonisée européenne | Renvoi direct à WCAG 2.1 AA pour le web, PDF/UA pour les documents | Présomption de conformité à l'EAA |
| RGAA 4.1.2Méthode de contrôle française (DINUM) | 106 critères, 258 tests, 13 thématiques | Secteur public, et utilisable comme méthode par le privé |
| Loi 2005-102, article 47Loi française | Conformité, déclaration d'accessibilité, schéma pluriannuel | État, collectivités, opérateurs publics |
| EAA, loi 2023-171 et ordonnance 2023-859Code de la consommation | Accessibilité des services vendus aux particuliers depuis le 28 juin 2025 | E-commerce, banque, télécom, transport, audiovisuel |
L'échantillon, la partie la plus attaquable d'un audit
Le RGAA exige que la sélection des pages auditées et leur nombre soient représentatifs du service en ligne. C'est le point sur lequel un audit se conteste le plus facilement : un échantillon mal construit rend le taux de conformité indéfendable, quelle que soit la qualité des tests derrière. Sept pages doivent y figurer dès lors qu'elles existent : l'accueil, le contact, les mentions légales, la page d'accessibilité, le plan du site, l'aide et l'authentification.
S'y ajoutent au moins une page par type de service rendu, au moins un document téléchargeable, et au moins 10 % de pages tirées au hasard, avec un tirage documenté. Une règle ne souffre aucune exception : un processus s'audite en entier. Un tunnel de commande dont on ne regarderait que le panier ne prouve rien, parce que le RGAA ne valide un critère sur un processus que s'il est respecté à chaque étape.
Échantillon type d'un site marchand, 10 pages
- Page d'accueil
- Page de catégorie ou liste de produits, avec ses filtres
- Fiche produit, avec variantes, avis et zoom sur les images
- Panier
- Tunnel, étape livraison
- Tunnel, étape paiement
- Tunnel, page de confirmation
- Création de compte ou connexion
- Formulaire de contact, ou aide et questions fréquentes
- Une page tirée au hasard, plus un document téléchargeable
Les étapes 5 à 7 forment un processus : elles sont auditées intégralement, sans échantillonnage interne.
Le déroulé : sept passes par page
L'ordre est imposé, chaque passe supposant la précédente. Compter environ 2 h 30 par page pour un auditeur expérimenté. C'est cette charge, multipliée par la taille de l'échantillon, qui détermine le prix.
Passe 1 — automatique (10 min)
Lancer les moteurs automatiques (axe-core, WAVE, notre scanner) sur la page. La sortie est une liste de suspicions, jamais des statuts : elle sert à repérer les erreurs massives, alternatives manquantes, contrastes, étiquettes, avant de passer à l'examen manuel.
Passe 2 — structure et code (30 min)
Doctype, langue, titre de page, absence d'identifiants dupliqués, hiérarchie de titres continue, régions de page présentes et uniques, alternatives textuelles pertinentes, cadres titrés, tableaux de données correctement balisés, intitulés de liens explicites hors contexte.
Passe 3 — couleurs et présentation (25 min)
Contraste du texte à 4,5:1, contraste des composants d'interface à 3:1, information jamais portée par la seule couleur, zoom du texte à 200 % sans perte, affichage à 320 px de large sans défilement horizontal, espacement du texte forcé sans casse, feuilles de style désactivées.
Passe 4 — clavier et focus (25 min)
Tout ce qui est actionnable à la souris doit l'être au clavier. Ordre de tabulation cohérent avec l'ordre visuel, focus toujours visible, aucun piège au clavier, lien d'évitement fonctionnel, modales qui déplacent le focus à l'ouverture, le piègent pendant et le restituent à la fermeture.
Passe 5 — lecteur d'écran (40 min)
Parcours complet sous NVDA avec Firefox, VoiceOver avec Safari, TalkBack avec Chrome pour le mobile. Rôles, noms, valeurs et états des composants réellement restitués, messages dynamiques annoncés, étiquettes de formulaire liées, erreurs identifiées et corrigeables. Deux combinaisons minimum sur un tunnel ou une connexion.
Passe 6 — multimédia et documents (15 min)
Sous-titres synchronisés et relus, transcriptions, audiodescription quand l'information visuelle manque à la bande son, lecteur contrôlable au clavier, absence de clignotement, documents téléchargeables vérifiés, limites de temps ajustables.
Passe 7 — consolidation (15 min)
Attribuer un statut à chacun des 106 critères : conforme, non conforme, non applicable ou dérogé. Un critère n'est conforme que si tous les éléments concernés passent tous les tests : une seule occurrence en échec le fait basculer. Chaque non-conformité reçoit une preuve et un correctif, chaque non-applicabilité une justification écrite.
Comment se calcule le taux de conformité
Il y a deux taux, et les confondre est l'erreur la plus répandue. Le taux globalrapporte les critères validés sur toutes les pages de l'échantillon aux critères applicables sur au moins une page. Un critère n'y compte comme validé que s'il est conforme partout : c'est un taux sévère, et volontairement, parce qu'il mesure le site et non les pages. C'est celui-là, et lui seul, qui va dans la déclaration d'accessibilité.
Le taux moyenest la moyenne des taux page par page. Il est toujours plus élevé. Il sert à piloter, à montrer une progression entre deux audits, à repérer les gabarits les plus dégradés. C'est aussi dans la substitution silencieuse du taux moyen au taux global que se logent la plupart des déclarations gonflées qu'on croise en ligne.
Le taux global se traduit ensuite en trois états seulement : 100 % donne une conformité totale, 50 % et plus une conformité partielle, moins de 50 % un site non conforme. Le seuil de 50 % n'est pas un objectif, c'est un plancher de vocabulaire : un site à 62 % reste largement inutilisable pour une partie de ses clients.
Ce que contient le livrable
Un audit se juge à sa grille. C'est elle qui prouve, en cas de contrôle, que les 106 critères ont été passés sur chaque page de l'échantillon. Voici la maille à laquelle elle est tenue.
| Critère | Niveau | Statut | Constat |
|---|---|---|---|
| 1.1Images | A | Conforme | Les 5 images de contenu portent une alternative cohérente |
| 10.7Présentation | AA | Non conforme | Focus invisible sur les boutons du tunnel, outline supprimée en CSS |
| 5.7Tableaux | A | Non applicable | Aucun tableau de données complexe sur la page |
La grille livrée porte en plus, pour chaque ligne, le nombre d'occurrences, la localisation, la sévérité, l'effort estimé et le correctif à appliquer.
Autour d'elle viennent quatre livrables. Un rapport d'auditqui s'ouvre sur une synthèse d'une page lisible par un dirigeant, puis détaille les non-conformités regroupées par cause racine et non par page : corriger un composant du design system corrige douze pages d'un coup, et le rapport doit rendre cette économie visible. Un plan d'action prioriséen trois vagues, où chaque correctif est classé par sévérité, fréquence et exposition rapportées à l'effort : la vague 1 sous 30 jours pour les bloquants du tunnel de conversion, la vague 2 sous 90 jours, la vague 3 sous 6 mois. Une déclaration d'accessibilitérédigée au modèle officiel et prête à publier, accompagnée du paragraphe à insérer dans vos conditions générales si vous relevez de l'EAA. Enfin une restitution d'une heureen visio, où nous montrons en direct trois non-conformités bloquantes sous lecteur d'écran, suivie de 30 jours de questions par e-mail.
Charge, délai et prix
Le prix suit le nombre de gabarits distincts, parce que c'est lui qui détermine la taille de l'échantillon, donc la charge d'audit. Rien d'autre n'entre dans le calcul.
| Type de site | Échantillon | Durée | Prix |
|---|---|---|---|
| Vitrine, moins de 20 pages, un formulaire | 6 à 8 pages | 2 à 2,5 jours | 2 500 € HT |
| Site standard ou e-commerce à tunnel unique | 10 pages | 3 jours | 4 000 € HT |
| E-commerce complexe, marketplace | 15 à 20 pages | 5 à 7 jours | 6 500 à 9 000 € HT |
| Plateforme SaaS, espace client à plusieurs rôles | 20 à 30 écrans | 8 à 12 jours | sur devis |
En calendaire, comptez une dizaine de jours ouvrés entre le feu vert et la livraison. Nous ne descendons pas sous cinq jours ouvrés : un audit RGAA livré en 48 heures est un scan automatique reformaté, et la différence se voit au premier contrôle sérieux. Le détail des offres est sur la page tarifs.
Ce qu'un scan automatique ne remplace pas
Un moteur automatique couvre environ 30 % des critères, et seulement sur la page qu'on lui donne. Il vérifie ce qui est mesurable dans le code : un ratio de contraste, la présence d'un attribut alt, une étiquette de formulaire. Il ne sait pas juger si une alternative textuelle décrit correctement l'image, si l'ordre de tabulation est logique, ni si un tunnel de commande reste utilisable au lecteur d'écran. Un audit couvre 100 % des critères applicables sur un échantillon représentatif : c'est toute la différence, et c'est ce qui justifie l'écart de prix.
Commencez quand même par le diagnostic automatique gratuit : il ne prouve rien, mais il cadre la situation en une minute et le devis part ensuite de faits. Pour comparer les deux démarches en détail, voir audit gratuit ou audit payant. Et si vos équipes veulent s'outiller elles-mêmes, notre comparatif des outils de test d'accessibilité passe en revue ce que chaque moteur détecte réellement.
Ce que nous ne promettons jamais
- Aucune certification ni label : la conformité ne se certifie pas, elle se déclare, sous votre responsabilité d'éditeur.
- Aucune immunité juridique : l'audit démontre une diligence, il n'éteint pas un risque.
- Aucune conformité permanente : le taux vaut pour un état daté de votre site, et une refonte le périme.
- Aucune exhaustivité hors échantillon : les pages non auditées ne sont pas couvertes, et le rapport le dit noir sur blanc.
- Aucun taux garanti d'avance dans le devis : personne ne peut connaître le résultat avant d'avoir fait le travail.
Ces mentions figurent en clair dans le rapport que nous livrons. Un audit à 2 500 € HTqui promettrait la conformité garantie ne vaudrait pas son prix : ce que vous achetez, c'est un état des lieux défendable, pas un satisfecit.
L'audit RGAA selon votre technologie
La méthode ne change pas, mais les écarts typiques dépendent de la plateforme : chaque guide détaille les erreurs les plus fréquentes et les critères à surveiller en priorité.
- Audit accessibilité d'un site Webflow
- Audit RGAA d'un site WordPress
- Audit RGAA d'une boutique PrestaShop
- Audit RGAA d'un site Drupal
- Accessibilité d'un site Wix : le guide
- Audit d'une boutique Shopify
- Audit d'un site Joomla
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Lancer le diagnostic gratuitQuestions sur l'audit RGAA
- Qu'est-ce qu'un audit RGAA ?
- C'est l'évaluation d'un service numérique face aux 106 critères et 258 tests du RGAA 4.1.2, la méthode de contrôle française qui traduit WCAG 2.1 niveau AA. L'audit porte sur un échantillon de pages représentatif du site, il produit un taux de conformité global, une liste de non-conformités documentées et le matériau de la déclaration d'accessibilité. Il combine des outils automatiques et surtout des tests manuels : navigation au clavier, lecteur d'écran, examen du code.
- Qui peut faire un audit RGAA ?
- N'importe qui, techniquement : le RGAA autorise l'auto-évaluation comme l'évaluation par un tiers. Ce qui rend un audit défendable, ce n'est pas le prestataire, c'est la traçabilité : un échantillon documenté et validé par écrit, un statut argumenté sur chacun des 106 critères pour chaque page, une preuve attachée à chaque non-conformité. Sans cette grille, un taux de conformité n'est qu'une affirmation, et il ne tiendra pas face à un contrôle.
- Quel est le tarif d'un audit RGAA ?
- Chez nous, à partir de 2 500 € HT pour un site vitrine de moins de 20 pages, 4 000 € HT pour un site marchand standard à tunnel unique sur un échantillon de 10 pages, et 6 500 à 9 000 € HT pour un e-commerce complexe ou une marketplace. Au-delà, plateforme SaaS ou espace client à plusieurs rôles, le devis est établi sur mesure. Le prix suit le nombre de gabarits distincts, parce que c'est lui qui détermine la taille de l'échantillon.
- Combien de temps prend un audit RGAA ?
- Comptez environ 2 h 30 de travail par page auditée, soit 3 jours pour un échantillon de 10 pages, auxquels s'ajoutent le cadrage, la rédaction et la restitution. En calendaire, il faut prévoir une dizaine de jours ouvrés entre le feu vert et la livraison. Un audit RGAA livré en 48 heures n'est pas un audit : c'est un scan automatique reformaté, et cela se voit au premier contrôle.
- Quelle différence avec l'audit rapide à 25 critères ?
- L'audit dit rapide porte sur 25 critères essentiels du RGAA, tous de niveau A. C'est un outil de dégrossissage utile pour prioriser en interne, mais il ne permet pas de calculer un taux de conformité ni de rédiger une déclaration d'accessibilité : ces deux livrables supposent que les 106 critères aient reçu un statut. Un audit partiel réussi ne démontre donc pas la conformité, il indique seulement l'absence des erreurs les plus grossières.
- Quelles pages sont obligatoires dans l'échantillon ?
- Le RGAA impose d'y faire figurer, quand elles existent : la page d'accueil, la page de contact, les mentions légales, la page d'accessibilité, le plan du site, la page d'aide et la page d'authentification. S'y ajoutent au moins une page par type de service rendu, au moins un document téléchargeable, l'intégralité des pages d'un processus comme un tunnel de commande, et au moins 10 % de pages tirées au hasard. Une page obligatoire absente est signalée comme telle : plusieurs constituent en soi un manquement.
- Faut-il refaire l'audit après les corrections ?
- Oui, si vous voulez publier un taux à jour. Le contre-audit reprend le même échantillon après correction et met à jour la déclaration d'accessibilité ; il coûte 40 à 50 % du prix de l'audit initial. Sans lui, la déclaration publiée reste celle de l'état d'avant travaux, ce qui revient à laisser en ligne un aveu daté de non-conformité.
- Un audit rend-il mon site « certifié conforme » ?
- Non, et méfiez-vous de quiconque le promet. La conformité ne se certifie pas, elle se déclare, sous la responsabilité de l'éditeur du site. Un audit démontre une diligence à une date donnée sur un périmètre donné : il n'éteint aucun risque juridique, il ne couvre pas les pages hors échantillon et il ne vaut plus dès que le site change de façon substantielle.